[MàJ : 30-10-2006]
Mopisland Studio
* Welcome *

>>> Rust never sleeps / 2005
Texte paru dans les revues AC.C / exposition "Rust never sleeps" à Nantes / Copyright

Que nous indique le carton de l'exposition Rust never sleeps de Bruno Peinado à Nantes ? À part le fait de fournir un effort esthétique qui malheureusement manque sa cible, hélas trop peu de choses... S'inspirant de graphistes contemporains, l'aura qui s'en dégage à l'aide d'un numéro d'équilibriste à tout de même des difficultés à se réaliser. Un carton d'information qui malgré une réponse littérale au titre de l'exposition, car il faut l'avouer « c'est déjà ça », n'a pas su se dépasser. Aucune transcendance en lien avec ce que l'on peut attendre.... Il n'est ni un tremplin ni l'embryon d'une chose intellectualisée.

Malgré cela la surprise à l'entrée de cette galerie fut à la hauteur de ce que l'on connaît de l'artiste (VANITY FLIGHTCASE une oeuvre liant une boulle à facette et crâne, fut déjà présente à l'exposition Why Style ?, au Swiss Institute de New York en novembre 2005, réactualisée ici pour sa première présentation en France). Un questionnement de l'origine et la nature des choses jusqu'à ce que l'on voit à l'instant t. La rouille ne meurt jamais nous présente une exposition tramée d'une phrase d'Héraclite « Rien n'est, tout devient » les choses se transforment d'elles-mêmes au moment où notre regard les frôle. L'action est en cours ou à déjà eu lieu, nous n'avons accès alors qu'à sa résultante, voir même à son signe : des affiches, des formes géométriques en métal sont cabossées, une configuration molle et verte au pied d'une stèle recouverte d'une peinture noire métallique, une boulle lumineuse dans un panier de basket (une lampe d'intérieure) à pris la place du ballon orange -suspendue dans ses filets, elle nous nargue en nous regardant nous demander « pourquoi » elle avait arrêtée sa course. Peu de pièces sont présentes ici, on peut en dénombrer huit d'après la liste affichée sur le mur près de l'entrée, mais il ne fallait rien de plus pour apercevoir, par échos des pièces entre elles, l'envers du décor lui-même. Un univers de mystifications ? Ou plus précisément d'un réel recouvert par son signe ?

Une hypersimulation accidentée nous mettant face au dos du miroir (élément lisible dès le début par les écritures inversées des affiches), celui des « signes-stars » dont le maquillage commence à être en fin de course, à couler, épuisé par la résistance dont il a dû faire preuve. Il ne lui reste plus ainsi qu'à laisser sa place, le mouvement s'arrête pour éclairer ce qu'il cherchait à préserver.

La coulure verte n'apparaît plus alors comme une forme obscure au sol mais comme une matière épaisse et translucide tout comme la tache de vin qui se révèle être, à son tour, réalisée en adhésif rouge sombre estimé à 8000?. Les pièces surgissent et se répondent avec pertinence malgré « le dialogue de sourds » dont elles sont issues. Un hasard de rencontres contrôlées construit dans une tactique poétique de la digestion des couches du réel. Un travail sur la question du dédoublement, de la réplique entre culture de l'industrie et l'industrie de la culture, et par extension la question de l'art face au réel. Ainsi un objet ordinaire se transfigure en objet esthétique sans pour autant perdre ses qualités premières, car au premier regard rien ne permet de les distinguer respectivement. Ici le jeu se déroule sur le fait qu'une fois découvert, le simulacre, devient oeuvre et l'objet premier (la boulle à facettes, la coulure ou la tache de vin qui ont permis de répéter leur formes) une forme de notre quotidien servant à révéler la nature même du décor que l'on nous propose.

Peinado détourne le problème ontologique de l'oeuvre d'art, c'est à dire le « pourquoi et comment y a-t-il oeuvre d'art ?». La fascination du double répond au souci de notre contemporanéité d'exercer un contrôle sur la nature. Une gestion du réel anti-illusionniste afin d'aboutir à la question de la désautomatisation de l'oeuvre d'art, mettre en crise sa nature même ainsi que de la représentation d'où elle provient. Il ne s'agit pas de savoir ce qu'est vraiment le réel ou le virtuel ni quelle est sa nature... mais d'indiquer des niveaux de fonctionnalités en relation avec des situations précises. CE qui nous met face à une question charnière : que faire si la réalité est moins désirable que la fiction ?



* Some Works *


+++ logotypes +++
Eclypse
Cyclop Girl
Collectif Accident
Flyboat
Extract
Smash
Sparte Band
Nignthingate
Bad Taste
Gip du Placis Vert
Atout Sem

+++ Print +++
Enjeux Climatiques
Zootrope Festival
Unissons
Continuum
Dr Strange
Improbables
Digital Paradise
Lieu Unique
Erastinulo Project
Shotokan
Handicap Int.

+++ Webdesign +++
Collectif Accident
Exporevue
Lacritique
Art-Scene-Cie

+++ Publications +++
Les Revues AC.C
Erastinulo
Link Us
History X
History X v2
Food's Culture
H-L-M
Rendez-vous
00:00

+++ Textes +++
Plastic family
Attitudes graphiques
Images actives
Image de la commande
Parade_5
Translation
Plus vrai que Nature
Rust never sleeps
Toucher l'impossible
hear / see
Franck Marrry
Graphic Designer

--
2, rue de Brest
44 300 Nantes
France


--

>>> contact
contact_at_mopisland.com

+ 33 6 76 69 66 65
--

Menu
Links and
Friends